La place de l’avocat en médiation est un sujet sensible, car ce dernier peut facilement se laisser aller à craindre que le médiateur vienne lui prendre son travail, en le dépossédant de son client. 

En réalité, il n’en est rien : l’avocat a toute sa place en médiation. Cependant, son rôle change, et c’est en comprenant et en acceptant sa nouvelle mission qu’il pourra trouver sa place entre les parties et le médiateur, pour que tous puissent travailler en bonne intelligence, pour le bien commun. 

Dans le cadre d’une procédure judiciaire, l’avocat prend partie pour celui qu’il défend. Il le représente en justice et se sert de la loi en l’interprétant dans le sens des intérêts de son client, pour lui faire gagner le procès contre son adversaire. 

C’est la sphère du combat qui est à l’oeuvre, dans laquelle les avocats sont les bras armés des parties. 

Dans le cadre d’une médiation, tout change. Il n’est en effet plus question de combattre la partie adverse, de plaider contre, mais de coopérer avec elle dans la recherche d’une solution amiable, avec l’aide du médiateur, lequel tire sa légitimité de sa posture de tiers impartial, qui offre aux parties un espace au sein duquel il met en oeuvre un processus qui va permettre de trouver des solutions gagnant-gagnant. 

Le combat laisse ici la place à la coopération. 

L’avocat peut alors légitimement craindre d’être exclu de ce domaine, où son rôle de combattant n’a plus d’intérêt. 

De plus, en médiation, les parties reviennent au premier plan : elles communiquent directement, sans intermédiaire, afin d’exprimer leurs intérêts et besoins, sur la base desquels une ou plusieurs solutions amiables seront élaborées. 

Que devient alors l’avocat ? Doit-il se contenter d’être un simple spectateur, espérant que la médiation échoue, afin qu’il puisse conserver son dossier ? 

Heureusement non, il a un autre choix : quitter son rôle de défenseur pour devenir un partenaire de la médiation. 

Les compétences de l’avocat servent en effet la médiation à plusieurs égards. 

Tout d’abord, dans son rôle de conseil, l’avocat informe son client de ses droits. Même s’il est ensuite libre de ne pas s’y enfermer, cette connaissance est primordiale, car ce n’est qu’en étant parfaitement informée en amont du contenu de la loi et de la jurisprudence, ainsi que de ses aléas, qu’une partie pourra ensuite aller en médiation sereinement, en sachant ce qui pourrait se passer si la médiation échoue. 

Et c’est là un rôle qui ne peut être tenu par le médiateur. En effet, si ce dernier venait à informer les parties de leurs droits, il risquerait de perdre sa position de tiers neutre et impartial, mettant en péril la médiation. Par conséquent, face aux interrogations des parties sur le contenu de la loi, il ne peut que les inviter à prendre conseil auprès d’un professionnel du droit, et notamment d’un avocat. 

Ensuite, en cours de médiation, ce sont les parties qui prendront la parole pour s’exprimer, et l’avocat devra rester souvent silencieux. Mais ce silence restera actif. L’avocat écoutera un discours souvent plus intime, plus personnel, ce qui lui permettra peut-être de comprendre son dossier sous un nouvel angle. Et surtout, à tout moment, il pourra intervenir à la demande de son client ou du médiateur, pour apporter une information juridique cruciale, ou répondre à une question technique, nécessaire pour faire avancer les discussions. La simple présence de leur avocat permet aussi souvent de rassurer les parties, qui savent que quelqu’un est à leurs côtés pour veiller à la sauvegarde de leurs intérêts. 

Puis, au moment d’envisager les différentes solutions possibles pour sortir d’un conflit, l’avocat sera là pour informer son client des conséquences juridiques de chacune de ces solutions, afin qu’il puisse en mesurer pleinement toute la portée. 

Enfin, lorsque les parties se mettent d’accord sur une solution, ce sont leurs avocats qui se chargeront de la formaliser par un accord écrit, sécurisé, qu’ils pourront ensuite éventuellement faire homologuer par le juge. 

L’avocat a donc un rôle important à jouer en médiation. S’il l’accepte, il pourra faciliter la réussite du processus sans pour autant perdre son client, à qui il aura facturé ses heures de conseil et de rédacteur d’acte. 

Travailler en partenariat avec le médiateur n’a donc au final que des avantages pour l’avocat : son temps de travail sera rémunéré aussi bien que dans le cadre d’une procédure contentieuse, avec en plus la certitude d’avoir un client satisfait, lequel, après avoir été bien accompagné, ne pourra que lui rester fidèle pour ses besoins ultérieurs. 

Les médiateurs de Liamédiation oeuvrent tous dans cet esprit de coopération, où la place et le rôle de chaque partenaire sont reconnus et respectés. 

Pour en savoir plus, rendez-vous sur notre site www.liamediation.com 

Alexis COLLIN – Liamediation